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De la génération connectée à la génération Youporn

Publié par Chris le Samedi, 26 Octobre 2013

Si vous me connaissez un minimum, vous savez que je suis un papa de plusieurs enfants et comme tous les parents, je me pose des questions, j’ai des craintes, car je désire guider mes enfants dans le bon chemin et prendre les bonnes décisions, mais, vous le savez aussi bien que moi, les recettes de nos grands-mères n’ont plus vraiment de sens aujourd’hui. Pourtant, de nombreux parents s’obstinent à élever leurs enfants de la même façon qu’ils ont été élevés. Je trouve ça complètement ridicule, car le monde, lui, a terriblement changé.



Selon moi, éduquer son enfant, c’est l’aider à entrer dans le monde réel le plus naturellement possible pour en faire quelqu’un d’équilibré dans ce monde. Les parents qui tiennent absolument à éloigner leurs progénitures de la réalité ne seront forcément pas d’accord avec ma vision de l’éducation.



Tout à commencé avec ces petits génies de digitales natives dont les mamans étaient si fières : «Ma fille, madame, est vraiment douée en informatique, elle a son propre site multimédia», comprenez par là «skyblog avec des gifs animés». Beaucoup de parents ont encore du mal avec les nouvelles technologies et que fait l’humain, lorsqu’il ne comprend pas quelque chose? Il en a peur et le diabolise. Vous imaginez dès lors comment les parents ont rapidement perçu la relation entre les nouvelles technologies et les enfants.

«Moi, madame, je me refuse d’offrir un GSM à mon fils, il est trop jeune pour ça!», c’est un peu oublier que les enfants apprécient avant tous les GSM pour les jeux, aussi, leur donner le vieux Nokia de papa n’est pas en soit quelque chose de malsain.

La phrase suivante «Pas question d’avoir une console de jeu à la maison, ça abruti les enfants» perd également de son sens lorsque les parents qui la prononcent laissent leurs enfants regarder la télévision pendant des heures. Le jeu vidéo développe les réflexes, apprend aux enfants à se dépasser, à ne pas abandonner, ils apprennent à relever les défis, à prendre des décisions qui auront un impact sur leur environnement. Les jeux vidéo apprennent aux enfants à avoir un contrôle sur leur vie. La télévision par contre, leur apprend à être passifs devant le monde qui évolue sans eux.

À choisir, je préfère le jeu vidéo, mais bien entendu, il faut limiter les usages, car il n’est jamais bon d’abuser des bonnes choses.

J’ai probablement déjà dit un jour «Une tablette pour un enfant de 5 ans? Mais vous plaisantez?», mais je pense que je ne le redirais plus aujourd’hui. Avec le recul, je me rends compte qu’un iPad peut largement remplacer la console de jeu et l’ordinateur. Ces propriétés éducatives et ludiques sont réelles, néanmoins, mes propres enfants n’ont pas pour autant leur tablette personnelle, mais je peux comprendre le choix de certains parents d’offrir un iPad à leur progéniture, c’est d’ailleurs un des cadeaux que le père Noël a le plus apporté aux petits Américains ces dernières années.

On a donc tous besoin de passer nos préjugés sur le rapport entre le numérique et les enfants pour creuser plus profondément dans ce rapport et en ressortir aussi bien le bon que le mauvais.

À quel âge l’enfant peut-il surfer sur le net?

Heureusement, chaque parent a le droit de fixer ses propres règles et ce n’est pas en lisant un magazine féminin que l’on trouvera la bonne réponse. Il est important dans notre monde de comprendre les choses qui intéressent nos enfants. Quand ma fille de 10ans m’a dit «Papa, je veux m’inscrire à un site où sont toutes mes copines, c’est Movie Star Planet». En voyant un peu la tête du produit, j’ai pensé «attention, terrain de chasse de pédophiles», et ma première réaction a été de lui dire «Non Caitlin, je ne veux pas que tu t’inscrives sur un réseau social sur lequel je n’ai aucune vue, c’est trop dangereux» et puis, je me suis dit que je n’ai pas le droit de lui refuser quelque chose sans savoir ce que je refusais, donc, je m’y suis inscrit. Finalement, j’ai compris assez vite que ce réseau social est relativement sécurisé. S’il est vrai qu’il est impossible de savoir quoi que ce soit sur les avatars présents, c’est également très compliqué d’entrer en relation avec ma fille. Avec quelques bonnes règles, je pense que je peux laisser ma fille retrouver ses amies sur ce média social.

Quand elle sera adolescente, je ne pourrai pas empêcher ma fille de faire des vidéos sur Youtube si toutes ses amies le font, mais je pourrai lui enseigner la bonne façon de s’y prendre pour ne pas détruire son e-identité. Ce ne sera possible que si je prends la peine de comprendre sa culture numérique diffèrente de la mienne.

Diaboliser le numérique est la pire chose à faire pour protéger ses enfants, selon moi.





Youporn, GTA, la perversion venue du digital?

Si accompagner les enfants peut encore rester simple, il est plus compliqué d’empêcher nos adolescents à accéder à un contenu que l’on juge réservé aux adultes. La violence n’est pas ce qu’il me fait le plus peur, d’ailleurs, je ne comprends pas les polémiques autour des jeux violents. La violence n’est pas liée à cette génération : les soldats de plomb, les Gi-Joe, et la chasse n’étaient pas des activités violentes? Par contre, le sexe est vraiment un problème aujourd’hui, lorsque j’étais adolescent, le sexe était tabou, aujourd’hui, les ados sont baignés dedans très jeune, trop jeune.

La génération Youporn a une vision complètement faussée de la sexualité, et sans rentrer dans les détails, doit être absolument guidée sur ce point. Vous avez peut-être été élevé avec des tabous, et bien, il faut les briser. Accompagner les adolescents, voir les enfants, dans leur recherche de sexualité évitera Internet de leur faire à notre place. Bien sûr, on préférerait que l’école s’en occupe, mais vous imaginez bien que laisser de «vieilles institutrices» apprendre aux jeunes la différence entre les fantasmes et la réalité n’est pas une bonne idée pour de nombreuses raisons.

La façon dont les jeunes se rencontrent est également très différente de l’époque où les jeunes du village attendaient le bal avec impatience. La jeune génération n’attend pas, tout va très vite et les sentiments également. Faire des rencontres sur le Net est depuis quelque chose de simple et anodin. La communication, ils maitrisent mais à demi-mot, ces ados hyper connectés écrivent en langage SMS sur Facebook et se saluent avec un très joli «Sa va Bi1?». C’est affreux, n’est-ce pas? Il ne faut pas les juger, ce n’est pas eux qui ont inventé ces messages SMS de 140 caractères, apprenez-leur à écrire correctement lorsqu’ils publient en public. En privé, ils ont le droit d’avoir leurs «codes» à eux.


À nous de jouer.

Parents, apprenez à dépasser vos préjugés, les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas les copies de ce que nous étions il y a 30 ans. Si nos parents étaient parfois des «vieux cons» incapables de nous comprendre, nous sommes, nous aussi les «vieux cons» de nos enfants. La génération connectée vie dans un monde qui bouge sans cesse, mais elles a besoin de repères solides, si ce n’est pas nous qui leur fournissons, qui le fera?


A propos de Chris Project Manager Digital. Ex Digital Developer et UIX designer, Ex SEO et Social Media Coordinator pour les medias.
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